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Les gagnants du Combat des contes
de la Francophonie 2026!

Prix du Public

Après des semaines de combat, de votes et de délibérations… Nous avons nos grands gagnants ! La lutte a été âpre mais, à la fin, Le pêcheur et sa femme, porté par Clara Dugas et défendu par Guyaume Boulianne et la Société acadienne de Clare a gagné le Prix du Public! Avec plus d’un millier de votes, ce conte était le favori du public. Félicitations à Clara Dugas et à la Société acadienne de Clare!

Prix du Jury

Composé de Caroline Malo, bibliothécaire à BAnQ et responsable du service aux aînés, Anne-Laure Jean, directrice artistique à Planète Rebelle, maison d’édition spécialisée en conte, et Carine Kasparian, conteuse et sémiologue, le jury décerne le Prix du Jury au conte Le secret de la vanille, porté par Mafane et défendu par Fabrice Vil et le Festival interculturel du conte de Montréal.
À la question « Quel conte devrait nous survivre? », voici sa réponse.

Tous les contes entendus lors de ce combat nous ont touchées. Chacun, à sa manière, garde vivante une part précieuse de notre humanité.

Le pêcheur et sa femme, dans la version de Clara Dugas, nous a touchées par son invitation à revenir à l’essentiel. Ce conte rappelle avec finesse que le désir sans fin éloigne de ce qui compte vraiment, tandis que l’amour, lui, peut demeurer.

Moitié de coq, porté par Fano Maddix, nous a marquées par l’élan de solidarité et la puissance du collectif. C’est un conte traversé par l’espoir, où le militantisme et l’union deviennent des forces de transformation.

Maïmouna, la plus sage du village, raconté par Djennie Laguerre, nous a saisies par la profondeur de la sagesse qui s’en dégage. L’humilité et le respect des anciens devient une force fondamentale.

Enfin, Le chasseur et le gardien des Andes, de Marta Singh, nous a émues par le lien profond qu’il retisse entre l’humain et la nature et la nécessité du dépouillement. Il nous rappelle combien le retour au vivant est aussi un retour à soi.

Mais il nous a fallu faire un choix. Et notre choix s’est porté sur Le secret de la vanille.

Ce conte puise dans une tradition ancienne liée à la vanille, née au Mexique, associée à la culture totonaque, où cette plante est entourée d’un imaginaire sacré et amoureux.

Et il entrelace cette mémoire légendaire avec l’histoire d’Edmond Albius, cet enfant esclave qui découvrira comment polliniser la fleur de vanille à la main, rendant possible sa culture à grande échelle bien au-delà de son territoire d’origine.

Il relie la grâce d’un mythe à la violence de l’Histoire.

Il relie la fleur, le geste, la transmission, et ce que les hommes ont fait du monde.
Par sa poésie et ses multiples niveaux de lecture, il déploie une portée qui va de l’intime au collectif. Il ouvre la voie à de riches questionnements et convoque à la fois l’émotion, l’histoire, la mémoire et la remise en question de nos apprentissages. Le colonialisme, encore bien présent aujourd’hui sous des formes diverses, y est abordé avec douceur et sensibilité, sans que sa violence en soit atténuée.

Ce conte nous a semblé porter quelque chose de rare : une alliance entre la beauté, la mémoire et la lucidité. Il parle de la force de l’amour, de la nature qui survit, et de ce qui, malgré les destructions, continue de fleurir.

Alors, à la question de savoir quel conte devrait nous survivre, nous choisissons celui-ci.

Nous choisissons la douceur, la beauté, la force de l’amour et la puissance du vivant.

Le secret de la vanille est, pour nous, le conte qui pourrait demeurer lorsque tout s’effondre, parce qu’il nous rappelle ce qui doit absolument être sauvé : la beauté du monde, la mémoire des blessures, et la capacité humaine de continuer à aimer.

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